Jusqu’il y a une dizaine d’années, un grand nombre de responsables vivaient avec le syndrome du Titanic: ce navire étant réputé insubmersible, tout le monde était convaincu qu’il ne coulerait jamais et les dispositions pour éviter cet alea avaient été réduites au minimum ! Aujourd’hui, heureusement, les autorités ont pris conscience que le risque zéro n’existe pas. Mais il leur reste encore à admettre que plus on s’éloigne de la dernière catastrophe, plus on se rapproche de la prochaine: tirer les leçons de la précédente est une idée qui commence à entrer dans les moeurs, mais les incorporer dans les activités du quotidien reste difficile!

Ce qu’on appelle la médecine de catastrophe n’est rien d’autre que la méthode de travail qu’il faut appliquer en présence d’un très grand nombre de victimes, pour assurer à chacune d’entre elles les meilleurs soins possibles dans le plus bref délai. En d’autres termes, la médecine de catastrophe se base essentiellement sur une méthode d’organisation. Un grand nombre de victimes signifie aussitôt beaucoup d’intervenants différents et parfois inhabituels (police, pompiers, Croix-Rouge, autorités administratives et judiciaires, services psycho-sociaux, etc.), qu’il faut impérativement hiérarchiser, contrôler et coordonner afin qu’ils interagissent efficacement. En ce qui concerne les victimes, la prise en charge s'appuie sur la technique du triage, qui est une étape obligatoire avant les soins, parce qu'elle permet de s'occuper en priorité des victimes les plus graves et de les évacuer vers les hôpitaux les plus appropriés à leurs lésions.